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July 21
Rien ne sert de chercher à le rencontrer,
c'est lui qui nous trouve...
sans nous avoir cherché lui-même.
...
Le Fou est Mat

Tu as raison Bateleur, ne me suis pas car je t'emmènerai à ta perte. Tu as vu juste, je suis un insensé contraint de marcher sans m'arrêter car ma course n'a ni but ni objectif et se poursuit indéfiniment en pure perte. Mais n'oublies pas que le fou peut aider le sage. L'aider à ne pas sombrer dans la folie qui est la mienne. Je suis là bien réel pour te mettre en garde contre la divagation qui guette l'esprit dès qu'il prétend dépasser les limites du réel dont le Bateleur et le Monde, I et XXI, Aleph et Tau marquent le commencement et la fin. Tu es devenu sage petit Bateleur, mais tu ne saurait être dupe des mots. Cherches le fou qui est en toi et prend conscience du vide de l'étroite personnalité humaine. Elle tient tant de place dans tes pauvres préoccupations. Apprend que tu n'es rien.
....Je suis le fou qui est en toi... L'irrationnel... Je suis le néant d'où tu viens et où tu dois retourner. Je suis l'au delà de toi-même, de ce qui t'es inintelligible. Je suis ton infiniment petit tout en étant ton infiniment grand. Tu es le relatif, je suis ton absolu. Je t'enveloppe. N'oublie pas que tu viens du néant... Le un vient de zéro donc de rien. Tu es le principe et moi je suis le principe des autres principes. Ca t'épate hein ? Je suis l'alun des alchimistes, le sel, principe des autres sels.
De rien, de zéro, de la nuit, du vide, de l'infini surgit le TOUT UN, le UN, le jour, la matière, le fini
Si par toi tout doit commencer petit Bateleur, tu n'es rien sans moi et aussi absurde que cela peut paraître je suis l'être non être qui te permet d'être? Je suis ZERO qui permet le UN, si tu préfère je suis partout, je suis dans tout, je suis TOUT, je suis toi, je suis l'atome, je suis Dieu et je ne suis rien. O + 1 = 1, je suis le seul nombre qui rajouté à n'importe quel autre nombre ne le change pas. Tu reste 1 si je m'ajoute à toi parce que je fais partie de toi. Je suis ta nullité.
S’en est Un,
Je le tiens !
Crève l’aura,
Ça fuse, transperce,
Electrise, enveloppe,
c’est selon.
L’hara virbrant
Le sang bouillant
Je sais qu’il vient
Je sens ces gens
Parle aux oiseaux
Et l’âme entend
Effleurements, frissons,
Lui… il sait !
Il voit
l'Apprenti…
Sage.
&lle.
Il s’agit d’une spirale de valeurs, développée il y a des dizaines d’années par un Américain du nom de Clare Graves, décédé en 1986, puis repris par son collège de travail, Don Beck. Cette spirale peut s’appliquer aussi bien à des individus qu’à des sociétés tout entières. Beck attribue à chacun des memes (les circonvolutions) un certain pourcentage de la population américaine et le pouvoir dont ce groupe dispose au sein de la société tout entière. La spirale est divisée en memes (prononcer miimes), eux-mêmes regroupés en deux parties que l’on appelle des gradins. Le premier gradin est le gradin de la survie d’un être humain ou d’une société et le deuxième gradin est celui de l’Etre.
1. Il commence avec la couleur Beige et détermine l’instinct de survie d’un individu ou d’une société. Il regroupe environ 0,1% de la population américaine et dispose de 0% du pouvoir.
Ses préoccupations de base consistent à faire ce qu’il faut faire pour survivre à tout prix. L’individu de ce groupe se sert de l’instinct et de ses habitudes éprouvées pour survivre. Un Moi propre à lui, tel que nous le connaissons de la psychologie, est à peine visible et n’est pas promu. Alimentation, eau, chaleur, sexualité et sécurité ont la priorité. Il se réunit en bande pour mieux assurer sa survie et vit, tout comme les autres animaux de la planète, de ce que la terre lui offre.
2. Le deuxième meme est le Pourpre, c’est celui de la magie et de l’animisme qui représente 10% de la population américaine qui détiennent 1% du pouvoir.
L’individu de ce meme croit aux esprits bienveillants et malveillants. Sa préoccupation de base c’est de maintenir les esprits de bonne humeur et le nid du clan au chaud et sécurisé. Il obéit à la volonté des esprits et des signes mystiques et se montre loyal face aux chefs, anciens, ancêtres et au clan. L’individu est soumis au groupe, il conserve des objets, des lieux, des événements et des souvenirs sacrés. Il suit des rites de transition, les cycles des saisons et les us et coutumes de son ethnie. (Cela nous rappelle certaines tribus d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie).
3. Le meme Rouge représente l’impulsivité et l’égocentricité, il représente 20% de la population en ayant 5% du pouvoir.
Ce qui intéresse son représentant : être ce que l’on est et faire ce que l’on veut, sans aucun scrupule. Pour lui, le monde est une jungle pleine de dangers et de brigands. D’autre part, il se délivre de toute dominance et de toute obligation afin de s’amuser à sa guise. Prétentieux, il attend de l’attention, exige le respect et commande des actions. Il veut le plaisir total, tout de suite et sans remords ou culpabilité. (Nous pensons là visiblement à certains dirigeants d’entreprises ou conducteurs de 4x4 en ville au mépris total de l’environnement).
4. Avec le meme Bleu, nous entrons dans les groupes ayant une bonne part de pouvoir à l’heure actuelle. C’est le meme de la détermination et de l’autoritarisme. Il représente environ 40% de la population et détient 30% du pouvoir.
Pour son représentant typique, la vie a un sens, une direction et un objet avec une fin prédéterminée. On se sacrifie pour une raison transcendante, pour la vérité ou le droit chemin. Son ordre de vie exige un code de comportement qui est basé sur des principes éternels et absolus. Une vie sur le droit chemin procure de la stabilité dans le présent et garantit une récompense dans l’avenir. L’impulsivité est contrôlée par la culpabilité, chacun doit occuper la place qui lui revient. Les lois, les règles et les disciplines forment le caractère et les fondements moraux. (Il est évident de penser que la plupart des lecteurs verront ici une forte influence de la religion et du Christianisme).
5. L’Orange représente le meme de la prospérité et de la stratégie. Il représente 30% de la population et détient 50% du pouvoir.
La préoccupation de base c’est agir dans son propre intérêt et jouer pour gagner. Pour un individu de ce meme, le changement et l’amélioration font partie du schéma de toute chose. L’être se développe en apprenant des secrets de la nature et en recherchant les meilleures solutions. Il manipule les ressources de la terre pour créer et promouvoir une belle vie dans le superflu. Il pense que les personnes optimistes qui prennent des risques et sont sûres d’elles-mêmes méritent d’avoir du succès. Les sociétés se développent sur la base de stratégie, de technologie et de concurrence. (On pense bien évidemment au néo-libéralisme occidental et son marché européen de libre-échange et concurrence à mort.)
6. Le meme Vert est celui de la communauté et de l’égalité. Il représente 10% de la population en détenant 15% du pouvoir.
La préoccupation majeure de ces concitoyens c’est une recherche de paix intérieure et une recherche en commun avec d’autres de la dimension de compassion de la communauté. L’esprit humain doit être libéré de la cupidité, des dogmes et de la dualité. Les sentiments, la sensibilité et les soins pour ses semblables remplacent la froide rationalité. Il distribue les chances et les ressources de la terre de manière équitable parmi tous. Les décisions, il les atteint au moyen de processus de compensation et de consensus. Il rénove la spiritualité, apporte de l’harmonie et enrichit le développement humain. (Les aspirations des Ecolos en mieux encore).
Après le vert, nous passons au niveau du second gradin qui est celui des valeurs de l’« Etre ».
7. Sa première couleur est le Jaune qui détermine le meme de l’intégralité. Il représente 1% de la population détenant 5% du pouvoir.
L’individu de ce meme vit une vie bien remplie et pleine de responsabilité en étant ce qu’il est et en apprenant à devenir un autre. Pour lui, la vie est un kaléidoscope de hiérarchies, de systèmes et de formes naturelles. La magnificence de l’existence prend plus de valeur que la propriété matérielle. La flexibilité, spontanéité et fonctionnalité ont pour lui la plus haute priorité. Les différences peuvent être intégrées dans un flux naturel auquel nous sommes tous liés et il comprend que le chaos et le changement sont des choses naturelles. (Devrait-on penser ici aux éclairés comme Gandhi, Martin Luther, Albert Schweitzer ?)
8. Le Turquoise c’est le meme de l’holisme. Il est très faiblement présent avec 0,1% de la population et 1% du pouvoir.
La préoccupation de base d’un tel individu est qu’il ressent l’intégralité de l’existence au travers de l’esprit [mind] et de la conscience cosmique. Pour lui, le monde est un organisme unique et dynamique avec un esprit collectif. Le Moi est un Moi propre, mais aussi un Moi lié à un tout, plus grand et compatissant. Tout est lié à tout dans un ordre écologique, énergie et information pénètrent dans tout l’ensemble de la terre. L’individu attend de l’autre un comportement holistique, une pensée intuitive et une action coopérative. (Et c’est au plus tard ici que l’on constate que si une femme turquoise rencontre un homme rouge, bleu ou même orange, il n’y aura pas seulement des difficultés de compréhension entre femme et homme, mais carrément entre « cultures » distantes de milliers de kilomètres.)
source : http://www.alter-france.net/article.php3?id_article=917
http://www.lirmm.fr/%7Eferber/Cognition/Spirale-cognition07.ppt.pdf
July 01 2%of full
mince croissant
filet concave
convexe ?
pffff
vite la petite sirène !
le pirate se transforme...
c'est l"extase.
la descente des marches
rouges...
elle a retrouvé ses jambes
et même des souliers,
deux...
&lle.
L’amour n’est jamais le plaisir. Dans le plaisir il entre toujours de la douleur et de la peur. Le plaisir n’est jamais beau. L’esprit en quête des félicités de l’amour ne trouvera que l’excitation de la pensée, les images qu’elle a façonnées. L’amour n’est pas suscité par la pensée, et lorsque tel est le cas, il n’est que sensation, désir. Le désir n’est jamais l’amour. Le désir est quête de satisfaction, sensuelle ou intellectuelle ; ce n’est pas de l’amour. La pensée et l’amour ne peuvent jamais se rejoindre ; ce sont deux mouvements différents, dont l’un détruit l’autre.
Etre présent au monde, c’est éviter le monde.

June 01
Passe ton chemin ou arrête toi,
pas de hasard,
l'univers est synchrone
c'est une glissade, 
un don.
une rigolade
&lle.
...
Anton Parks : La femme est au cœur d'un complot universel depuis la nuit des temps. Son pouvoir a effrayé les "dieux" des différentes mythologies et il effraie l'Eglise, car il pourrait libérer l'être humain et ce dernier n'aurait plus besoin du clergé pour se rassurer et se sentir "assisté". Les menstrues des femmes terrestres ont, elles aussi, fait l'objet de rituels sacrés et très hermétiques pour les raisons que l'on imagine bien. Puisque nous sommes dans les grandes vérités, examinons le sens exact du mot « sorcière » dans la langue des "dieux". Nous allons y trouver comme par enchantement un thème fondamental que la religion judéo-chrétienne s'est évertuée à masquer au regard du peuple. Le terme sumérien utilisé pour exprimer une sorcière est Míuš'zu. Sa véritable traduction, et les divers interprétations que l'on va pouvoir en faire grâce aux homophones dont les Sumériens étaient tellement friands vont nous mettre sur la voie d'un sens astucieusement dissimulé. La simple décomposition de MÍ-UŠ12-ZU donne "la femme à la sécrétion-sagesse" ou encore "la femme au venin-connaissance"…
....
Il faut savoir que dans les sécrétions sexuelles, on retrouve des éléments chimiques particuliers : le sperme, par exemple, contient des quantités importantes de l'oligo-élément « zinc », qui intervient dans plus de 80 processus biochimiques dans l'organisme. Nous sommes au cœur de l'alchimie mystique… Toutes ces révélations peuvent vous sembler étranges, j'en conviens, mais vous ne devez pas oublier que la société dans laquelle nous vivons est totalement déconnectée du sacré et de certaines réalités. Le sexe a été volontairement banalisé et se vend aujourd'hui au coin des rues comme une vulgaire marchandise prête à la prompte consommation. Le "génie" de l'homme n'a jamais cessé sa quête des moyens les plus raffinés et pervers en vue d'exploiter la femme pour son plaisir immédiat et l'argent qu'il peut en tirer. Il possède même la capacité de jouir de la souffrance de son double féminin, il est sans nul doute le seul animal (Á-DAM en sumérien) capable de torturer et tuer son prochain pour son bon plaisir. En déformant de la sorte certaines réalités, l'être humain a su se confiner dans un monde formaté, totalement à l'image de l'univers pervers des "mauvais archontes" reptiliens décrits dans les textes gnostiques et qui se sont fait passer pour les véritables divinités de notre univers. Une honte existentielle accompagne le sens du sacré, car le sexe est le centre de la culpabilité infligée par ces mauvais "dieux". Si les "dieux" sumériens, transformés en un dieu unique et universel dans une grande majorité de religions, ont posé un interdit sur le sacré au point qu'aujourd'hui ce sacré soit devenu une véritable foire, c'est uniquement pour détourner l'humanité de la véritable réalité qui lui permettrait de s'élever. Une grande majorité d'entre vous n'a aucune idée du merveilleux qui nous entoure. Vous, qui lisez ces lignes, si vous avez la joie de partager votre vie avec une personne que vous aimez profondément, vous devez comprendre que le sexe n'a rien avoir avec une performance telle qu'elle vous est présentée par les médias. Le sexe est une connexion du cœur, une fusion dans l'amour véritable…
May 31
ce matin...
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J’essaye de toutes mes forces de rassembler les mères autour de moi pour faire passer un message… Mais les mères… ne sont jamais à l’écoute. Toujours en train de parler. Je voudrai leur dire qu’il ne faut pas mettre les enfants en compétition. Ne pas les comparer… ILS SONT UNIQUES… Mais je ne parviens pas à le faire car elles se dispersent, font trop de bruit, mon action échoue toujours…
… C’est comme si j’étais dans le dénuement le plus total… Comme après un temps de guerre, d’épidémie, ou de famine. Je vois une femme, elle marche, elle est accompagnée d’un homme. Il y a les autres femmes-mères qui sont là elles aussi… Cette femme ouvre une porte, c’est comme une porte de placard mais il est totalement vide à l’exception de deux ou trois bricoles sur une étagère en face de son regard. Elle cherche de l’eau dans ce placard, elle a soif mais rien ! juste quelques cahiers. Elle referme la porte du placard et se sens dépouillée… Je me sens dépouillée, je suis elle, cette femme…
Elle… rencontre les femmes-mères qui sont en train de chercher leurs affaires dans la terre. Elles avaient enterré leur affaires pour les retrouver plus tard, les mettre à l’abri. Moi je sais que je n’ai plus rien sous terre… je sors de cet endroit… Je me vois franchir une porte comme une bouche de métro et sortir enfin vers la lumière… Il y a de l’eau, par terre une sorte de flaque… l’homme me dit de boire… Enfin elle boit, cette femme mais elle n’aurai pas dû ! Aussitôt elle attrape la peste !
...
Peste : du latin pestis astra… la mort noire ou la mort funeste
La conscience ? dans la terre… (creuse... creuser, entrer/sortir du metro, déterrer)...on en sort et puis… Ce matin j'ai découvert ce site :
ça parle de shamballa, terre creuse mais aussi j'ai adoré : Atlantis contre Mu, c'est inspirant/inspiré !!!------------------->
Ce matin la terre me parle d'elle,
la mère... les mères
...
l'univers
est synchrone
...
http://www.antonparks.com/
May 24
j'ai adoré cette peinture (malika) mais je ne peux pas la glisser coller ici car elle est protégée par l'auteur... alors la voici quand même
en tout petit.
April 18 Le Soi et les frontières
Ce texte veut éclairer et rendre accessibles les concepts fort complexes du «Soi» et des «frontières». La notion de frontières est encore méconnue par la majorité des différentes approches psychologiques et corporelles.
Dans les pages qui suivent, je fais ressortir comment, enfant, j'ai tenté de fuir la douleur et du même coup, j'ai sacrifié mon contact avec qui je suis.
Dans les familles où il y a de la dépendance à des substances chimiques, les enfants apprennent à focusser leur vitalité sur le(s) parent(s) souffrant(s) et se coupent d'eux-mêmes. Ils ne développent pas leurs ressources internes pour savoir ce qu'ils sont dans leurs feelings, dans leurs sensations. Ils ne connaissent pas ce mouvement de revenir vers l'intérieur et de se centrer. Cela devient l'essence de la codépendance, de la poursuite du plaisir à l'extérieur d'eux-mêmes. N'ayant pas ce contact avec leur Soi, ils rechercheront le bien-être comme leurs parents l'ont fait. Ils n'utiliseront pas nécessairement les mêmes moyens mais la dynamique est la même que celle vécue par leurs parents. Pour le lecteur qui souhaite approfondir les concepts du Soi et de l'assuétude, je le réfère à la bibliographie. J'ai puisé plusieurs éléments de ce texte dans ma formation à l'approche psychocorporelle intégrée, ainsi qu'auprès des auteurs qui traitent de l'assuétude et réfèrent également aux théories du Soi (1).
LE SOI Le Soi ou «l'essence de qui je suis» réfère à ma vitalité ou à un sentiment de bien-être ressenti dans tout le corps. Le soi n'est donc pas une idée que je me construis mentalement de «qui je suis». Le Soi est également éloigné du «faire» et du «paraître». Par opposition, les auteurs réfèrent au faux soi, au masque, à la personnalité etc. Le Soi n'est pas ce que je prétends être ou bien ce que j'aspire à devenir.
En conséquence, si je suis coupé de mes sensations corporelles, si je vis surtout dans mon rationnel, mon sens de soi est limité, voire absent.
Le sens de soi ne peut être expérimenté que dans mon senti corporel dans l'ici et maintenant. Juste d'être qui je suis en ce moment, d'accepter la rencontre avec mon souffle, mes sensations, mes émotions et d'en être conscient cognitivement, voici le SOI. Ce sentiment d'union et de bien-être provient de mon intérieur et m'est toujours accessible. Même si je ressens un malaise ou de la peine, si je suis à mon écoute, si j'accepte de contacter ce qui est, je suis dans mon Soi. Je peux communiquer avec ma douleur, y être présent au lieu de fuir dans mon passé souffrant, dans mon imaginaire (très fertile) ou dans un futur épeurant. Je puis tolérer ce mal-être, en saisir le sens et m'habiter pleinement. Pas besoin d'avoir tout réglé mes problèmes pour me retrouver dans ce contact avec mon Soi.
Un sens de soi sain m'habilite à vivre ma vie en tenant compte de mes besoins véritables, à écouter ma voix intérieure, à exprimer mon vécu émotionnel tout en étant sensible à celui des autres. Ce sens de l'identité se construit tout au cours de ma vie et me supporte à affronter les hauts et les bas de mon existence. L'assise du Soi c'est d'abord de porter attention à mes sensations corporelles, à la vitalité qui circule en moi, à ma respiration, aux différents blocages ou tensions, à mon enracinement dans le réel, dans le moment présent (contexte). Tout ceci en étant conscient au niveau cognitif. Le Soi est une énergie en mouvement. S'ajoutent à ceci les dimensions intellectuelles, émotionnelles, relationnelles et spirituelles.
LE TERRITOIRE DU SOI : LA FRONTIÈRE La frontière délimite le sens de qui je suis. C'est une peau, un «condom énergétique». Par la frontière du Soi, j'entends l'expérience ressentie (dans le corps) d'un Soi à la fois séparé du monde et en relation d'harmonie avec ce monde. Ma frontière me permet d'être avec moi et de me relier à l'autre.
Pour être en relation, il me faut d'abord développer un Soi différencié. Pour beaucoup d'entre nous, être «séparé» résonne: être abandonné et seul. Je ne peux imaginer une relation si je n'ai pas au point de départ deux personnes «individuées». Sinon, ces deux personnes seront soit en fusion (qui est qui?) ou soit non présentes à leur sentiment d'existence i.e. dissociées. Alors, pas de relation.
Voici une image qui illustre bien le concept de frontière. Qu'arrive-t-il à une cellule? Une cellule saine a une membrane qui permet de laisser entrer les nutriments, ce dont elle a besoin pour vivre et qui ne laisse pas pénétrer ce qui est mauvais pour elle; de plus, elle rejette ce qui est inutile. A l'instar d'une cellule en santé, nous devrions laisser entrer ce qui est bon pour nous, ce qui correspond à nos besoins et rejeter ce qui risque de nous blesser, de nous empoisonner ou simplement, ce qui est indésirable. Ceci démontre à quel point nous avons besoin de frontières à la fois souples et fermes.
Pour m'aider à expérimenter qui je suis (le Soi), j'ai à mettre ma frontière. Tant et aussi longtemps que je ne ressens pas dans mon corps des indices clairs que je suis délimité énergétiquement, cette notion de frontière n'a aucun sens. Ce n'est surtout pas une idée construite ou une fantaisie. Par exemple quand, au début du processus thérapeutique, j'enseigne au client ce qu'est une frontière, il comprend souvent qu'une frontière c'est un mur qui empêche l'autre de l'attaquer. Ceci est perçu comme une défense et non pas comme un moyen de se garder en contact avec ce qu'il vit et, en même temps, en lien avec l'autre.
Quand un client est sur ses gardes, cela m'instruit de son absence de frontière énergétique, ou bien de sa crainte que je ne respecte pas ses limites. Plus un client résiste, rationalise, se tend physiquement, plus il y a de chances qu'il n'ait pas de frontières saines.
La notion de frontière se situe au coeur du processus thérapeutique. Si nous, thérapeutes, ignorons le travail de frontière, d'une part, nous appauvrissons notre qualité de présence à nous-mêmes et du même coup sommes moins disponibles au client; d'autre part, notre client risque plus d'être peu ou pas en contact avec son senti. L'impact de nos interventions est considérablement réduit.
Quand je me retrouve en intervention, je dois prendre conscience que je peux envahir la frontière de mon client. Par exemple, en voulant beaucoup l'aider, je risque d'être intrusif et ce dernier va probablement résister, se fermer. Si, enfant, ce client a eu des parents qui attendaient beaucoup de lui ou voulaient bien faire, mon attitude peut réouvrir une blessure ancienne.
Si nous nous retrouvons avec un client qui a vécu énormément d'abandon et que nous sommes uniquement attentifs à nos objectifs mais peu présents au processus du client et de ce qui se passe dans notre lien, le client pourra revivre qu'il n'y a encore personne présent à lui. Le travail de frontière va influencer en priorité la relation, l'allure de la thérapie et son déroulement. _____________________________________________________________________
INDICATEURS DE FRONTIERES Voici des indices qui permettent de vérifier si votre client a des frontières:
Présence de frontières: le client est centré, présent à ce qu'il vit; feeling d'excitation, l'énergie circule;
le client se sent en sécurité d'aller dans son intérieur et de rencontrer ses émotions;
la personne est capable de s'affirmer, de dire «non», de faire des choix;
le client est présent au lien avec le thérapeute.
Absence de frontières: le client respire peu, se sent tendu, fermé, apeuré;
le client se perd dans ses émotions;
le client parle et explique beaucoup, se justifie, analyse et comprend «rationnellement»;
le client a l'air absent, parti dans sa tête; l'énergie est fuyante, dispersée (souvent, le thérapeute s'ennuie ou s'endort, à moins qu'il ne soit lui-même dans sa tête). Ces indicateurs s'appliquent bien sûr au thérapeute. Ce dernier augmentera sa qualité de présence s'il maintient de bonnes frontières et aura beaucoup moins tendance à prendre sur ses épaules ce qui appartient au client. _____________________________________________________________________
Avant de compléter, je veux introduire l'idée qu'une frontière est aussi une limite qui permet de contenir qui je suis. Quand j'ai ma frontière, je me sens dans mon espace, je sais ce qui m'appartient et j'ai la possibilité de me rencontrer, quelle que soit l'expérience du moment. Je me sens en sécurité, avec moi. Pour clarifier cette fonction de «contenir», j'aimerais utiliser son contraire qui est de «se contrôler», ce que la plupart d'entre nous connaissons bien, surtout quand il s'agit de nos émotions. Nous ne discernons pas le «contenir» et le «retenir». D'une part, quand je me contiens (contenir), je ressens ma vitalité, mes sensations et mes émotions et je laisse circuler ce flot en moi. Je sais que je suis avec moi. D'autre part, quand je me retiens (retenir), je me contracte, je diminue ma respiration, je me coupe de qui je suis. Peu à peu, je me retrouve dans une sensation de neutre, de vague, où je me sens éteint, vidé ou bien très tendu.
Prenons l'exemple de clients qui ont très peur d'exprimer leur colère car ils craignent de perdre le contrôle et d'exploser. Ou encore, de clients qui refusent de pleurer car cela va les engloutir ou les entraîner dans la dépression. Si nous amenons ces clients à expérimenter leur frontière, ils vont vivre qu'ils ont un contenant pour les garder en contact avec eux-mêmes et qu'ils peuvent rencontrer leur intensité sans se détruire ou passer à des «acting out».
Avoir une frontière est un besoin vital. Cela permet d'intégrer mes expériences car elle me délimite et me contient. De plus, lorsque j'établis ma frontière, je me donne implicitement la possibilité de faire des choix et de prendre des décisions. Quand j'ai ma frontière, je m'affirme; je ne suis plus une victime. Quand j'ai le sens de mes frontières, quand elles sont intactes, je peux alors ressentir que j'ai mes propres feelings, pensées, sensations, ma propre perception du réel. Je tiens compte de qui je suis. Je n'ai pas à m'ajuster aux autres en étant trop complaisant, soumis ou rebelle. _____________________________________________________________________
FRONTIÈRES : SURVIE ET ASSUÉTUDE
Selon la psychologie du Soi, trois ingrédients sont essentiels pour constituer un sens de Soi sain et fort:
1. besoin d'un lien sécurisant et constant;
2. besoin d'accord empathique;
3. besoin d'être reçu dans mes différences et d'être vu comme un individu à part. _____________________________________________________________________
Pourquoi, enfant, ai-je subi des blessures dans l'élaboration de mon Soi? Parce qu'il est fort probable que j'ai eu des parents ayant eux-mêmes un sens de soi limité. Il faut que mes parents aient eu de bons parents, capables de répondre aux besoins nommés plus haut. Pour ce faire, il faut des parents qui ont un sens de soi bien établi, présents à eux-mêmes et présents dans le lien avec moi. J'entends ici par présence, non seulement que le parent soit là de corps et d'esprit, mais surtout que l'enfant ressente l'attention de son parent pour lui, ainsi que son énergie. Des parents sains donnent un «contenant» à l'enfant, ce dernier n'étant pas apte à contenir toute son intensité. Un bon parent ne va pas écraser l'enfant; il va respecter ses besoins et mettre des limites à l'enfant en tenant compte de son âge. Par exemple, lorsque, vers l'âge de 18 mois, l'enfant vit l'étape de s'opposer, le parent sain va encadrer toute cette vitalité et permettre à l'enfant de s'afficher comme un individu distinct. C'est le travail de frontière qu'effectue un parent adéquat. Selon les auteurs de Emotional Healing, «dans un foyer non sain, l'élaboration du sens de soi de l'enfant est remplacé par les besoins et les préférences parentales. Le principal but de l'enfant est de plaire à ses parents, peu importe que leurs demandes soient irrationnelles et inappropriées. Au lieu d'apprendre à faire face à ses feelings douloureux, l'enfant apprend à faire quelque chose pour chasser la souffrance, car c'est ce que ses parents lui enseignent». Si je proviens d'une famille où l'un de mes parents ou les deux sont, soit alcoolique, soit toxicomane, soit déprimé, ou très exigeant, je vais apprendre à me déconnecter de mon corps pour ne plus souffrir. Dans des familles où la dépendance chimique est la façon de vivre et de fuir la réalité, l'enfant doit s'adapter aux humeurs changeantes du parent. Il utilise son énergie et ses ressources pour survivre. Dans Emotional Healing, les auteurs déclarent; «L'enfant, au lieu de prendre sa vitalité à la poursuite du plaisir, la prend pour fuir la douleur. Ces enfants se coupent d'eux-mêmes et n'apprennent pas à se fier à leurs sensations corporelles, à leurs feelings, pour savoir qui ils sont et ce qui est bon pour eux. Ceci est au coeur de l'assuétude. L'enfant, à l'instar de ses parents, va rechercher désespérément à l'extérieur de lui son sentiment de bien-être et de plaisir». Ayant été à la fois envahis et abandonnés par un parent dysfonctionnel, ces enfants devenus adultes n'ont pas développé de frontières saines. Selon Rokelle Lerner, qui a écrit sur la codépendance: «Ces enfants de parents toxiques ont tendance, à l'âge adulte, à se maintenir dans des situations abusives. Ils ont été entraînés à tolérer l'abus et eux-mêmes se traitent de manière abusive. Quelqu'un qui a des frontières intactes sait quand il est abusé et peut mettre fin à cette situation». Vous travaillez avec une clientèle qui se coupe de sa douleur en s'intoxiquant avec une ou des substances. Par ailleurs, comme intervenants, nous avons peut-être pu, avec succès, éviter l'assuétude aux drogues ou à l'alcool. Cependant, si nous provenons d'un foyer dysfonctionnel, nous sommes piégés dans le même cycle destructeur du déni et de la fuite de la douleur. Nous retenons aussi notre vitalité, par exemple en tentant de sauver nos clients, en nous croyant indispensables, etc.; nous nous éteignons également. Cette rupture d'avec notre sens de soi va compromettre du même coup notre capacité de ressentir notre bien-être. C'est alors que nous sommes des candidats à l'agence. Ce rôle d'agence devient pour l'intervenant une façon de vivre.
AGENCE OU PERTE DE CONTACT AVEC SON SOI L'agence, c'est prendre sa vitalité et la mettre au service des autres. C'est un abandon de soi par soi-même. Mon sentiment de bien-être provient de la satisfaction ressentie par les personnes que je tente «d'arranger». Voici comment s'installe cette assuétude chez l'aidant. L'attitude d'agence est effective avant même la maîtrise du langage chez l'enfant. Au départ, le sens de soi de l'enfant est contenu par le parent à travers l'attachement. Si les besoins de l'enfant sont bien saisis et reconnus par le parent et ce. de façon relativement constante, l'enfant se sépare progressivement et développe peu à peu un sens de soi différencié. Il est naturel que de bons parents syntonisent les besoins réels de leur enfant. Par contre, si ces parents ont un Soi déficient, s'ils sont dépressifs, négligents..., qu'arrive-t-il au développement du Soi de l'enfant? Ce dernier, pour survivre, voudra à tout prix garder le lien avec son parent et pour ce faire, la séquence doit s'inverser. L'enfant va se tourner vers son parent, va prendre sa vitalité pour arranger le trouble ou le mal-être du parent et tout cela dans l'espoir qu'un jour, son parent va à nouveau lui répondre. L'enfant se met littéralement de côté, se laisse tomber et c'est ce que nous répétons quand nous sommes en agence avec nos proches, nos collègues, nos clients. L'agence étouffe notre voix corporelle. Nous ne sommes plus à notre écoute. C'est le même enfant en moi qui mettait son énergie à prendre soin de maman, ou à empêcher papa de boire etc., dans le but que son parent réalise qu'il existe et qu'il a des besoins à combler. Son bien-être est à la merci de l'autre. Nous avons tous une partie d'agence. Tous, nous provenons d'une famille où enfant, nous avons dû mettre une partie de notre vitalité au service d'un proche. C'est ainsi que l'on développe une étoffe d'aidant. Nous sommes devenus des être sensibles, perceptifs, intuitifs et habiles à syntoniser les besoins des autres. Les thérapeutes qui sont dans leur agence sont habituellement perçus comme de très bonnes personnes, ce qui est validé socialement. Pourtant, être en agence est destructeur au même titre que l'alcoolisme ou toutes autres formes d'assuétudes. Un autre élément très renforçant dans l'agence c'est qu'en s'occupant des autres, la personne se sent très en contrôle. De plus, qui connaît une meilleure façon d'anesthésier sa douleur que de s'occuper de celle de son prochain? Pas besoin de substance dans cette compulsion. Pour terminer, il est important d'ajouter que la personne agente se donne elle-même un contrat d'arranger l'autre. C'est un processus unilatéral qui s'autogénère. Par exemple, prenons le cas d'une femme thérapeute qui rencontre un homme (client) qui s'est beaucoup senti envahi par sa mère lorsqu'il était enfant et qui consulte pour des problèmes d'intimité dans ses relations amoureuses. Voici un contrat type d'agence qu'elle pourra se donner; «Je veux qu'il n'ait plus peur de demeurer en lien avec les femmes et je vais tout faire pour éviter qu'il se sépare à nouveau. C'est ma responsabilité; j'en fais mon affaire». Son agence va l'amener à travailler fort et à en prendre large.
_____________________________________________________________________ Voici deux symptômes majeurs qui dénotent que nous sommes en agence :
la fatigue ou le manque d'énergie;
la baisse de libido ou l'absence de désir sexuel. _____________________________________________________________________
COMPRENDRE NOS ASSUÉTUDES ET LES IDENTIFIER L'agence est une compulsion et à ce titre, est une habitude difficile à déloger. Dans Emotional Healing. il est dit: «Enfants, nous avons appris à être impliqués dans le processus de l'autre et adultes, nous ne savons pas comment arrêter. Notre surinvestissement dans les problèmes des autres est un baume sur notre propre souffrance». Dans notre société, il y a une forte tendance à choisir des moyens rapides pour ne plus avoir mal. Pourtant, souffrir est inhérent à notre condition humaine et fait partie de la vie. Mettre fin à tout prix à notre douleur entretient nos comportements de dépendance . Nous définissons simplement l'assuétude comme la recherche pour retrouver notre sentiment d'unité avec Soi et notre bien-être, peu importe le degré de destruction des moyens utilisés.
Il existe différentes façons de vivre l'assuétude:
physiquement, en étant dépendant de l'excitation ou l'exaltation créées par l'adrénaline;
psychologiquement, en étant dépendant de l'anxiété ou de la dépression ;
socialement, en étant sur-réactif et contrôlant ... etc.
En nous déconnectant de nos blessures, nous n'entendons plus nos besoins et nous ne sommes plus «aware» (conscients dans notre senti) de ce que nous avons à réparer ou à guérir en dedans. Nous couper de notre douleur, c'est ignorer une opportunité de transformer notre vie. Quelques assuétudes propres aux aidant et aux enfants devenus adultes qui ont grandi dans des familles dysfonctionnelles : Nous sommes dépendants des crises, tant dans notre vie personnelle que professionnelle: «Je suis l'homme ou la femme de la situation» ,
nous sommes dépendants de la souffrance par notre sur-investissement à la régler ou notre obsession à l'éviter à tout prix ;
nous sommes dépendants de travailler sur nos problèmes: beaucoup d'introspection et d'analyse; toujours quelque chose à comprendre ou à régler;
nous sommes compulsifs dans le travail; travailler tout le temps est une réaction à contrer le vide intérieur ou toujours poursuivre un but ou un projet (gagner plus d'argent, être le meilleur, etc. );
nous sommes dépendants de notre sens des responsabilités ou de notre déresponsabilisation. L'attitude est; «Tout ça dépend de moi» ou «je ne peux faire face à ceci». Dans les deux cas, c'est une façon d'être en contrôle;
nous sommes dépendants de tout contrôler; notre vie s'organise autour de la recherche de problèmes à résoudre; ceci supprime l'anxiété et la douleur;
nous sommes dépendants du sexe:
nous sommes dépendants du perfectionnisme;
nous sommes dépendants de «l'acting out»: réagir (ré-agir) au lieu d'agir;
nous sommes dépendants de nous sur-investir dans les problèmes des autres et du monde entier;
et nous sommes dépendants du «semblant de vitalité» qu'est la production d'adrénaline. Notre participation au drame familial, enfant, a stimulé à plus d'une reprise notre flot d'adrénaline. Celle-ci a un impact sur le système nerveux et engendre le réflexe bien connu: fuir ou se battre. Sans cette poussée d'adrénaline, la vie nous apparaît terne et ennuyeuse. Toutes ces assuétudes nous empêchent de distinguer le bon feeling de vitalité et de connexion à notre Soi, de l'agitation ou fébrilité créée par nos comportements compulsifs.
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COMMENT S'EN SORTIR? Nous venons de voir comment, dans une famille où l'enfant n'est pas reconnu comme être différencié et ayant des besoins, il n'apprend pas à se rencontrer. Au lieu de prendre sa vitalité pour se centrer, croître, traverser sa douleur, prendre plaisir à la vie, l'enfant dénie la réalité intolérable qui l'entoure et met toute son énergie à fuir la douleur. L'enfant n'utilise pas ses ressources pour lui-même. Il devient très habile à focuser sur l'autre (l'agence) et doit rechercher le bien-être à l'extérieur de lui-même. Les parents n'ayant pas eux-mêmes de frontières saines n'ont pas permis à l'enfant d'établir ses propres limites. Pour s'en sortir, il est nécessaire de reconnaître les blessures qui ont été faites à mon enfant et prendre la responsabilité de ne plus perpétuer l'abus et de ne plus me traiter en objet. L'agence est une assuétude, une drogue. On ne peut pas s'en défaire par la conscience intellectuelle ou par un effort de volonté. Selon Jack Lee Rosenberg, la seule façon de sortir de son agence, c'est d'augmenter sa conscience corporelle. Si vous n'avez pas des indices ressentis de votre agence, vous ne pouvez pas l'arrêter. Voici un exemple pour illustrer ceci: Si vous avez une carie et qu'elle ne vous envoie pas de message douloureux, il est peu probable que vous irez chez le dentiste; si elle vous fait beaucoup souffrir, vous allez en tenir compte et agir. La conscience ressentie de votre mal vous guide vers la guérison. C'est le même phénomène au plan émotionnel et affectif. Si je ne consens pas à ressentir mes «malaises», je me coupe des possibilités de me soigner.
Quand je commence à ressentir la différence dans mon corps, dans mon énergie entre «être vivant pour soi» ou bien «être en agence», je peux alors me choisir et éviter de me laisser tomber. Plus je suis fatigué, mal dans ma vie, en crise, plus je suis vulnérable à réactiver mon agence. Constater que je suis en rechute d'agence est un signal pour me re-prendre en main.
L'agence repose sur une croyance très ancrée que j'ai le pouvoir de changer les autres et la responsabilité du vécu émotionnel de ceux qui m'entourent. L'enfant en moi croit en ce faux pouvoir. C'est ce qui lui a permis de survivre et de développer un sens à ce qu'il est (identité) et de sa valeur. Si vous êtes thérapeute ou aidant et que dans votre travail vous observez certains de vos clients qui effectuent des transformations, cela peut vous renforcer dans votre fausse croyance que vous avez produit cet effet. Si vous tentez de changer un comportement d'agence par la simple reconnaissance rationnelle, vous risquez d'en choisir un autre beaucoup plus subtil. Vous faites la même chose sous une autre forme. Vous n'avez pas arrêté votre agence. Il faut que vous ressentiez la différence entre le bon feeling d'excitation et de vitalité et le feeling d'être éteint de l'agence. Et encore là, c'est d'abord dans votre corps que vous le vivez.
En dernier lieu: l'agence n'est pas de l'amour. Quand vous prenez en charge le bien-être de l'autre, vous manquez de confiance dans le potentiel de l'aidé et vous détruisez ce que vous voulez réparer. Si vous êtes en agence avec votre conjoint(e), peu importe que cela soit très gentil, vous allez éteindre l'amour et la sexualité dans votre relation. La fin de l'agence permet le début de l'amour. Pour en finir avec l'agence, en plus de développer en priorité sa conscience corporelle, il est primordial d'avoir et de maintenir des frontières saines. Une autre étape consiste à rencontrer l'enfant intérieur, de le rassurer sur notre engagement à lui donner ce dont il a manqué. Ce processus d'auto-reparentage est inévitable si je veux réellement me donner une vie satisfaisante et réparer les blessures et les abus qui m'ont été faits dans 1 'enfance. Un outil utile qui permet de me suivre dans mon contact avec qui je suis est l'écriture quotidienne du journal intime. Cela témoigne de mon contact avec moi et me reflète qui je suis. C'est à la fois un miroir et un contenant. C'est un geste concret qui ancre le sens de qui je suis. _____________________________________________________________________
LES MESSAGES DES BONS PARENTS Les messages de la bonne mère: 1. Je t'aime. 2. Tu es désiré(e) / Je te désire. 3. Je vais prendre soin de toi. 4. Tu peux me faire confiance. 5. Je serai là quand tu auras besoin de moi; je serai là même à l'heure de ta mort. 6. Je t'aime pour ce que tu es et non pour ce que tu fais. 7. Pour moi tu es un être unique. 8. Je t'aime et j'accepte que tu sois différent de moi. 9. Parfois je te dirai «non» et c'est parce que je t'aime. 10. Mon amour t'apportera la guérison. 11. Je te vois et je t'entends. 12. Tu peux croire en ta voix intérieure. 13. Tu n'as plus à avoir peur. 14. Tu n'as plus à être seule.
Les messages du bon père:
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